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Oeuvres de Mimi Lépine (peintures et textes)

Inspirée d’un texte poétique de Rodney Saint-Éloi, la Petite cosmogonie jubilatoire comprend vingt-et-une œuvres. Des personnages tirés d’un bestiaire emplumé y parlent de résilience sur un mode enjoué. Un conte accompagne chacune des toiles. Ils tracent la voie aux multiples interprétations possibles, incitant le spectateur à y trouver sa voix intime.

L’espoir lumineux débusqué par Mimi Lépine dans ce recueil ludique de situations transposées en images et en mots, la réconforte et l’apaise, Les poètes ne meurent pas. Ils soulèvent des nuées d’espérance qui nous incitent à poursuivre.

 

 

« Au moment de commencer les premières toiles de cette Petite cosmogonie jubilatoire, j’étais envoûtée et complètement déstabilisée  par le texte poétique écrit par  Rodney Saint-Éloi en mémoire de son ami Jacques Roche, lâchement torturé et assassiné à Port-au-Prince en juillet  2005. Je croyais alors m’aventurer dans une exploration de l’expression de la douleur liée à la disparition de nos aimés.

Lorsque je plonge dans le travail créatif, je laisse volontairement de côté tous mes repères. Comme à l’accoutumée, j’ai donc abordé mon travail par le biais des couleurs, des textures et des combinaisons de matières. Je traduis ainsi dans l’abstraction d’abord, les sentiments et le propos qui m’habitent. Je rature, j’efface, je sacrifie pour réécrire le texte nouveau. Je m’embrouille pour finalement décoder le sens profond. Peu à peu, des allusions apparaissent. Je les accepte et je tente de les préciser, de les définir.

À ma grande surprise au cours de cette démarche créative, des oiseaux sont apparus. D’emblée, ils symbolisaient pour moi l’esprit, l’âme. Ils allaient dans le sens de mon propos initial. J’ai cependant vite compris qu’ils me signifiaient tout autre chose. Ces multiples figures emplumées parlaient plutôt de résilience, chacune à leur façon, sur un mode franchement jubilatoire. Or, cette propension de l’Homme à se ressaisir m’a toujours fascinée. J’aime observer mes semblables avec la certitude d’en tirer des enseignements. Le décodage des sources de résilience chez autrui, nous aide souvent à trouver en nous les ressources de notre propre salvation.

Un texte, conte ou fable, accompagne chaque toile. Chacun des textes s’est imposé une fois l’œuvre picturale terminée. En réalité, l’œuvre continuait de m’interpeler. Je sentais que je n’avais pas tout dit. Je me suis longuement interrogée devant chacune, me demandant ce qu‘elle tenait à me raconter. Curieusement, au moment où j’arrivais à prénommer les principaux protagonistes de la toile, leur histoire s’imposait de soi. Elle s’écrivait pratiquement toute seule. Et elle parlait toujours de résilience…

Ces contes tracent la voie aux multiples  interprétations possibles, incitant chacun des spectateurs à trouver sa voix intime. La toile perçue d’abord en elle-même, sera donc enrichie par la perspective d’ouverture dispensée par le texte. L’espoir lumineux que je débusque dans ce recueil ludique de situations transposées en images et en mots, me réconforte et m’apaise. Les poètes ne meurent pas, ils soulèvent des nuées d’espérance qui nous incitent à poursuivre. »

«  Je t’écris cette lettre et repense à tes phrases verticales. Tu demeures dans ma nuit une étoile incendiée. Les assassins n’ont pas le pouvoir de nommer nos songes. Mille drapeaux flottent dans nos cœurs comme des tisons d’espoir… » (Jacques Roche, Je t’écris cette lettre) (SAINT-ÉLOI, Rodney. 2013, Mémoire D’encrier)

Mimi Lépine

 

 

Biographie

Après une formation universitaire en Études Hispaniques et en Linguistique, Mimi Lépine a poursuivi une carrière en milieu collégial, au cours de laquelle elle a occupé divers postes. Au début des années 90, elle revient à l’expression artistique en suivant des cours au Centre des Arts Visuels de Westmount et au Centre Saidye Bronfman. Elle travaille ensuite l’aquarelle avec Ming Ma. Pendant quelques années, elle poursuit sa démarche sous la supervision de Seymour Segal. Puis elle suit des ateliers de dessin avec Michèle Delisle, de peinture avec Susan Scott. En 2002, elle met fin à sa carrière pour se consacrer entièrement à sa recherche artistique.

Depuis ce temps elle a participé à de nombreuses expositions de groupe à Montréal et sur l’île d’Orléans, à Québec  et en Charentes Maritimes Elle a également présenté quatre expositions en solo à Montréal. Elle a été membre de TRAM (Table Ronde sur l’Art de Mont-Royal) de 2004 à 2008, secrétaire du conseil d’administration et responsable des expositions.

Depuis douze ans, elle a son atelier sur l’île d’Orléans. Membre de BLEU (Regroupement des artistes et artisans d’art de l’île d’Orléans) depuis 2008, elle a  occupé le poste de secrétaire du conseil d’administration de 2014 à 2016 et collaboré à la conception et à la réalisation de différentes expositions, de même que du catalogue de l’exposition Capteurs de mystères sur l’Île d’Orléans.

En avril 2018, elle présentera une cinquième exposition solo, intitulée Petite cosmogonie jubilatoire,  à la Maison Tessier-dit-Laplante.

 

Vernissage le 21 avril 2018 à 16h00.

Horaire

14 avril au 27 mai 2018

Vendredi au dimanche

10h à 17h