ORIGINES ET MÉTAMORPHOSES

L’exposition qui célèbre Canada 150!

Du 2 juin
au 1er octobre 2017

Visite libre
du mercredi au dimanche
10h à 17h

Maison Girardin

600, avenue Royale
arrondissement de Beauport
Québec

418-821-7049

Maison Tessier-Dit-Laplante

2328, avenue Royale
arrondissement de Beauport
Québec

418-666-2102

De ses origines à sa métamorphose, le Canada traverse les époques dans le respect des valeurs qui lui sont rattachées

Qu’est-ce qui définit le Canada? Un pays aux territoires immenses, à la nature encore vierge sur des milliers de kilomètres carrés, des lacs, des forêts, une faune parfois étrange. Qu’est-ce qui constitue le Canada? La diversité de sa population, la richesse du bilinguisme, sa capacité à accueillir des milliers de migrants chaque année, sa confiance en l’avenir. Fêter les 150 ans de la Confédération canadienne, c’est rendre hommage à ceux et à celles qui ont construit ce grand pays et saluer l’engagement des Canadiens et des Canadiennes, qui continuent de promouvoir la tolérance et la paix. De ses origines à sa métamorphose, le Canada traverse les époques dans le respect des valeurs qui lui sont rattachées.

En invitant 7 artistes immigrés à travailler en résidence au mois de mai 2017 dans deux maisons patrimoniales, nous avons souhaité qu’ils expriment à travers leurs créations, ce que signifie être Canadien aujourd’hui. Notre pays est une terre d’accueil aux multiples facettes. C’est pourquoi, nous leur avons demandé de nous parler de leur histoire et de l’histoire de cette mosaïque culturelle. À travers la sculpture, la photographie, le papier ou la vidéo, à travers des installations et des techniques variées, ils nous parlent de cette richesse d’échanges, de leurs différences, et de leurs difficultés aussi parfois.

La visite de ces maisons patrimoniales beauportoises invite le regard curieux, ouvre l’esprit et le coeur, pour laisser finalement une trace de cette richesse offerte à la fois par notre unité et notre diversité canadiennes.

Mes Territoires

Installation de Marie-José Gustave
à la Maison Tessier-Dit-Laplante

Marie-José GUSTAVE
Sculpteure de papier

Née en Guadeloupe
(Antilles françaises)
Vit à Montréal
(Québec)

Originaire des Antilles françaises, Marie-Josée Gustave a choisi de s’établir au Canada il y a 18 ans. L’ouverture à la diversité l’y a attirée. À travers une société nourrie par l’apport d’autres cultures elle dit y avoir trouvé la liberté d’exprimer une identité mixte par l’art. Le métissage est donc au cœur de sa démarche d’artiste. Inspirée des techniques traditionnelles de la vannerie et du tricot, son travail exprime l’héritage traditionnel issu de son passé, qu’il soit guadeloupéen, français ou québécois. C’est cette rencontre des cultures, des traditions et de la modernité qui s’expriment et prennent sens à travers dans les créations de papier de l’artiste.

www.mariejosegustave.coma

« Mes territoires » fait référence à la mémoire des lieux et paysages qui influencent Marie-José Gustave. Ces lieux, qu’ils soient de son pays d’adoption ou de son pays d’origine, se font écho car ils rappellent des sensations, des émotions communes. À travers ses créations l’artiste cherche à transmettre la poésie que ces paysages et ces lieux suscitent.

L’AUTOMNE FLAMBOYANT

Cette installation fait un parallèle entre les couleurs majestueuses de l’automne canadien et la floraison des flamboyants arbres que l’on retrouve dans les Antilles. Leurs couleurs allant du jaune au rouge écarlate sont souvent gardées en mémoire. Gustave présente 3 structures tricotées symbolisant des troncs d’arbres qui reçoivent des éléments en vanneries, représentant les feuilles. Cette installation en mouvement, grâce à la brise entrant dans la pièce, invite le visiteur à vivre cet état contemplatif que suscite l’automne et / ou la floraison du flamboyant.

Les CHUTES

« Je suis originaire de la Guadeloupe, Karukéra est le nom que les autochtones ont donné à cette ile…L’Iles au belles eaux. L’eau est pour moi un élément symbolisant la vitalité, la puissance de vie qu’il a fallu aux nouveaux arrivants qui se sont installés aussi bien au Canada qu’aux Antilles. »

Cette installation réalisée en porcelaine et papier renvoit aux chutes Montmorency et aux chutes de Carbet. Éléments importants de la biodiversité du Canada et des Antilles. Des centaines de pastilles de porcelaine et de formes en papier, s’animent grâce à la brise diffuse dans la pièce. http://terres-de-guadeloupe.com/les-chutes-du-carbet/

Le MUR 

A l’image d’un attrape rêve cette œuvre tricotée s’inspire de l’eau du fleuve et de la mer. L’eau qui a mené ces immigrants sur les rives du Canada et des Antilles. Les éléments de porcelaine symbolisent les vestiges laissés sur la rive.

KANATA ==-=-=–=-=–= CANADA

Installation de Julien Lebargy
à la Maison Tessier-Dit-Laplante

Julien LEBARGY
ARTISTE MULTIDISCIPLINAIRE

Née en France
Vit à Québec
(Québec)

La proposition de Lebargy se veut intemporelle; le cadre narratif est ici prétexte à une lecture allégorique et symbolique de notre perception de l’Histoire. L’artiste dresse systématiquement le parallèle qui existe entre la définition des entités sociales et celle des entités personnelles en lien avec l’Histoire et la mémoire. Lebargy pose la question: « L’Histoire et la mémoire sont-elles fiables? ».

La réalisation du projet commémoratif Kanata ==-=-=–=-=–= Canada est marquée par un subtile mélange des fondements de la culture française de l’artiste et des savoir-faire témoignant de ses apprentissages artistiques québécois. Lebargy confie comment il est devenu difficile de retracer, par réminiscence, la réalité des faits qui le définissent aujourd’hui.
www.julienlebargy.com

Le projet consiste en une installation dont la sculpture centrale est un enfant (auto-représentation fictive) sculpté en bois. Au sol, une série de dalles pouvant s’emboiter tel un jeu de casse-tête, forment un disque fragmenté de 13 unités (provinces et territoires canadiens) sur lesquelles l’artiste fait intervenir les artistes invités en résidence, à l’exception d’une dalle, sur laquelle se tient l’enfant.

Le disque fait autant référence aux provinces et territoires qu’à la mosaïque sociale canadienne. La dimension des dalles est déterminée en fonction de la superficie et de la densité de chacune des provinces et de chacun des territoires. Elles sont connectées par un jeu de fils établissant le réseau des échanges, des connexions frontalières, tout en évoquant un système neuronal. Avec son casque sur la tête, l’enfant semble tout droit tiré d’une rêverie ou d’un monde imaginaire. L’installation prend les allures d’une allégorie aux limites du récit de science-fiction où passé, présent et futur se superposent. Cette proposition s’inscrit dans la continuité du Programme de découverte spatiale pour ceux qui mélangent les chiffres et la poésie sur lequel l’artiste travaille depuis ces deux dernières années.

La croisée des chemins

Photographies de Nytha Oronga
à la Maison Tessier-Dit-Laplante

Nytha ORONGA
Photographe

Née à Rabat (Maroc)
d’un père malien et d’une mère gabonaise
Vit à Montréal
(Québec)

Nytha Oronga utilise aussi bien la photographie numérique que l’argentique. En argentique, elle navigue entre l’esthétique extrêmement définie du grand format et les distorsions des appareils photographiques lomographiques, comme la Holga et la Lomokino. L’artiste n’hésite pas à explorer d’autres médiums artistiques, comme l’art imprimé (linogravure), le dessin et l’écriture. Oronga se questionne sur le passage de la couleur au noir et blanc, à la reproduction mécanique, et s’intéresse notamment la superposition de l’image photographique et du dessin.

Le projet consiste en une installation sculpturale in situ, basée sur la symbolique des objets, dans un espace patrimonial chargé de l’histoire et de l’empreinte du passé. L’architecture de la maison Tessier-Dit-Laplante, savant mélange de style français et anglais, illustre parfaitement la complexité des origines de notre identité canadienne et sa richesse actuelle, née de cette diversité. L’installation consiste en une mise en scène présentant des objets anciens en suspens, au sens figuratif, mais aussi littéral. Issue d’une recherche matérielle, formelle et conceptuelle, l’oeuvre proposée a pour but de rehausser la valeur historique de l’endroit dans lequel elle est située. Pour faire allusion à une existence passée, cet assemblage d’objets sculpturaux implique des références directes à la nature de leur provenance tout en évoquant la présence d’un narratif fantôme. Leur présence nous défait des routines et standards du quotidien pouvant limiter nos perceptions, et ouvrent la porte à la pensée critique menant aux processus de découverte, d’apprentissage et d’évolution. L’installation offre ainsi une autre perspective.

Tailleurs de pierre, entre l’art et la matière

Atelier de taille de pierre d’Adrien Bobin
à la Maison Girardin

Adrien BOBIN
Tailleur de pierre

Né à Saint-Dizier
(France)
Vit à Saint-Jean-de-l’île d’Orléans
(Québec)

Adrien Bobin est un artisan tailleur de pierre-sculpteur. Très jeune, il fût inspiré par le travail de la pierre et c’est tout naturellement qu’il commença sa formation en 2002 au lycée Les Marc’s d’Or de Dijon. Il rejoint ensuite les Compagnons du Devoir pour un Tour de France, ce qui l’emmena à voyager pendant 5 ans dans les villes de Reims, Marseille, Orléans, Tours et autres. Ce perfectionnement lui permis d’acquérir une riche expérience et un vaste savoir-faire sur le métier de tailleur de pierre. En 2012, à Saint-Jean sur l’île d’Orléans, Adrien Bobin ouvre les portes de son atelier où il taille depuis, sculptures, escaliers, foyers de cheminée, lavabos, fontaines, monuments funéraires et autres pierres dans le domaine de la restauration du patrimoine.
www.ateliertrilobe.com

Le projet consiste à transporter le visiteur dans l’ambiance de l’atelier du tailleur de pierre Adrien Bobin. À l’aide d’un médium photographique, Bobin recrée l’intérieur de son atelier de Saint-Jean à l’Île d’Orléans. D’emblée le visiteur découvre le métier de tailleur dans toute sa contemporanéité, tout en y insérant des espaces dédiés à des contenus à caractère historique. Une ligne du temps révèle les moments importants du métier, les grands ouvrages outremer et canadiens, ainsi que des photographies d’archives poignantes. L’exposition met en scène les outils du tailleur de pierre, anciens comme actuels, ainsi que différents types de pierres que le visiteur curieux est invité à manipuler afin d’y discerner les différentes textures. Ce décor d’atelier est prétexte à y inscrire l’histoire du métier de tailleur de pierre, tel qu’il a pu évoluer depuis son développement au Canada. Et même s’il s’agit d’un métier plus que millénaire, il est surprenant de constater les métamorphoses qu’il a subi dès son arrivée sur une nouvelle terre. Un peu à la manière du parcours de vie du tailleur Adrien Bobin, le métier est en constante évolution et s’adapte à chaque époque et à chaque ouvrage. Ce projet est le fruit d’une collaboration novatrice entre le tailleur de pierre et des étudiantes de l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval, dans le cadre du projet Patrimoine en partage.

une autre perspective

Installation de Véronique Sunatori
à la Maison Tessier-Dit-Laplante

Véronique Sunatori
Artiste multidisciplinaire

Gatineau (Québec)
d’une mère québécoise et d’un père d’origine japonaise
Vit à Toronto
(Ontario)

Véronique Sunatori est une artiste visuelle émergente. Munie de compétences dans une multitude de techniques et de médiums, sa pratique multidisciplinaire part de la peinture et du dessin, s’étendant à la sculpture et à l’installation conceptuelle. Son travail reflète l’ironie d’une recherche spirituelle d’un point de vue athée, avec un regard sur les objets qui nous entourent dans ce monde énigmatique. Riche de ses origines aux confluents des cultures occidentale et orientale, Sunatori produit des oeuvres accessibles et authentiques par le biais de l’interaction ou de l’intervention qui entrainent la conscience de soi. Son oeuvre entière parle de ce fragile point d’équilibre sur lequel oscillent nos vies intérieures et leurs rapports avec un monde en mouvement constant.
cargocollective.com/veroniquesunatori/

L’arrondissement de Beauport, vu comme étant le berceau de l’installation euro-québécoise, tout en faisant partie du territoire traditionnel huron-wendat (Nionwentsïo), est un parfait écho des chevauchements identitaires vécus par chaque nouvelle vague d’immigration au Canada. La réalisation de portraits de familles beauportoises issues d’identités multiples permet de montrer en quoi ces nouvelles identités familiales sont devenues des options tout à fait viables dans la société canadienne actuelle.
C’est cette réalité que le projet photographique La croisée des chemins permet d’explorer en composant avec six familles immigrées et/ou multiculturelles. Chaque famille est ici présentée sous la forme d’un diptyque. D’un côté, la photo couleur de la famille, réalisée de manière numérique. De l’autre, une photographie en noir et blanc, prise en grand format. En parallèle de ces deux photos, des images panoramiques des bords du Saint-Laurent, dans Beauport, le long de l’autoroute 440, illustrent la voie d’arrivée des premiers immigrants européens, comme un rappel des familles qui les ont précédés.

Terre de rencontres

Installation et video du duo Andrée Bélanger et Andrée Bélanger
à la Maison Girardin

Andrée BÉLANGER (1)
SCULPTEURE

Née à Saint-Casimir
Portneuf (Québec)
Vit à Québec
(Québec)

www.absculpteure.com

Andrée BÉLANGER (2)
Artiste multidisciplinaire

Née au Bic
Bas-Saint-Laurent (Québec)
Vit à Allons, Alpes de Haute-Provence
(France)

www.andreebelanger.com

Le projet Terre de rencontres s’articule autour des notions d’histoire et de territoire identitaire, et unit deux artistes dans un premier processus de création en commun. C’est l’ancien nom de la Maison Girardin, « Maison Bellanger-Girardin », qui a inspiré le projet collaboratif Terre de rencontres à ces deux femmes dotées du même prénom usuel, du même nom de famille et de la même profession d’artiste.
La petite histoire rencontre la grande
L’ensemble des familles Bélanger du Québec est issu de deux branches distinctes: Nicolas Bélanger et François Bélanger, tous deux immigrés de Normandie au milieu du 17e siècle. Nicolas, ancêtre de Andrée Bélanger (1), s’installe sur les terres de la seigneurie de Beauport avoisinant la Maison Girardin, tandis que François, ancêtre de Andrée Bélanger (2), construit sa maison à quelques kilomètres de là, sur la côte de Beaupré, puis obtient des concessions sur la rive sud du Saint-Laurent. À elles seules, les deux Andrée Bélanger forment ainsi une micro-société particulièrement représentative du Canada, tant dans son histoire et ses traditions bien enracinées que dans sa modernité caractérisée par les flux migratoires: l’une habite à moins de deux lieues d’où s’était installé son ancêtre, tandis que l’autre a fait le parcours inversé de s’établir en France.

Ce lien est-il un hasard? Qu’en est-il de la notion de territoire versus celle d’identité? Combien de temps demeurons-nous des immigrants? Que signifie le legs… au féminin? Qu’entend-on vraiment par l’expression « le temps fait son oeuvre » ? Ce sont là quelques-unes des nombreuses questions soulevées par la rencontre de deux créatrices liées autant par ce qui les apparente que par ce qui les distingue.

« Terre de rencontres »: deux artistes, trois oeuvres
L’oeuvre sculpturale signée AB (1) harmonise les concepts de passage du temps et de transmission. L’oeuvre vidéographique de AB (2) interroge la notion d’étranger et expose les vertiges de l’exil. Une troisième oeuvre est née de la première rencontre des deux AB, en résidence d’artistes: l’installation « Il a fallu que j’la sépare, parce que c’était trop lourd à porter » s’impose comme un symbole ultime de la notion d’enracinement/déracinement. Du bois ancestral à l’image digitale contemporaine, d’une Bélanger à l’autre, ces trois oeuvres arrimées dressent un portrait vaste et sensible du Canada, dans son caractère tant historique qu’actuel.

Evénements Canada 150

Voir toute la programmation